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Le terreau, 2 conseils importants pour éviter un carnage

En prenant le temps de réfléchir on peut économiser sur presque tous les postes de dépenses. Par exemple en ne payant plus ses pots ou en échangeant gratuitement des graines…

L’expérience m’a très clairement appris qu’essayer d’économiser sur le terreau est une très mauvaise idée dans la pratique. C’est le seul achat sur lequel je n’essaierai plus de gagner quelques euros. Perdre presque tout une fois m’a suffit.
Le terreau doit être de marque.

L’année dernière j’ai acheté tout un caddie du terreau premier prix vendu chez géant casino. On en voit encore des palettes entières cette année. L’emballage est le même. Celui-là :

Du terreau desherbant.

Plus jamais ça

Jardiner avec ça n’avait rien à voir avec le plaisir de mettre ses doigts dans de la terre.
La peau gardait des traces marrons comme couverte de diarrhée de bébé, avec une odeur encore plus dérangeante. C’était comme plonger les mains dans une fosse à purin.

Horrible… irrespirable.

Casino a vendu à très bas prix du terreau qui n’avait pas du tout eu le temps de murir. C’était juste de la terre mélangée à des excréments, avec plein de morceaux de bois gros comme des doigts.

Les matières organiques fonctionnent en deux temps. Au moment de la décomposition, ça rejette des poisons pour les plantes ou certains êtres vivants. La réaction appauvrit le sol et oblige les plantes à puiser dans leurs propres ressources au lieu de leur en donner.
La fermentation tue beaucoup de plantes.
Ce n’est qu’une fois décomposée, que ces matières deviennent bonnes pour les plantes. De l’engrais.

Justement, si vous voulez tuer des mauvaises herbes sans produits chimiques, jetez-les simplement sur le tas de compost. Même les graines sont détruites. Vous verrez.
Normalement on ne doit pas dénigrer, c’est interdit par nos lois, mais dans ce cas précis, vu la composition, je peux sans insulter commercialement casino, parler de sacs de merde.

Ce n’est pas cher, mais non seulement ça ne vaut rien, mais en plus ça détruit les cultures.
Du désherbant vendu comme du terreau.

Pratiquement tous les jeunes plants que j’ai repiqués dans ce soit-disant « terreau » ont crevé en moins de deux semaines. Ainsi que tous les semis sur lesquels j’avais ajouté un ou deux centimètres pour compléter le premier terreau qui s’était tassé au fil des arrosages.

Une quinzaine d’espèces différentes.
Les trois quarts des plants en contact avec ce terreau vendu par casino, sont morts.

Un mauvais terreau empoisonne les plantes, brûle les feuilles, les fait brunir, la plante dépérit, se fane puis meurt

Jeunes pousses mortes ou agonisantes par la faute d'un mauvais terreau à bas prix.
L’expérience m’a donc appris à ne plus jamais jamais jamais acheter un terreau bas de gamme. L’économie de quelques euros peut entrainer des pertes énormes, donc financièrement c’est une très mauvaise opération en réalité.

Ensuite, il est intéressant d’acheter plusieurs sacs de terreau quelques mois avant l’époque où l’on compte s’en servir. Au moins, on peut être totalement sûr qu’il sera à point pour quand on en aura besoin. Pas de mauvaise surprise.

Le deuxième conseil sur le terreau concerne aussi les économies.

Cette fois c’est une règle pour les semis.
Toujours toujours toujours, sans exception, utiliser du terreau neuf, qui sort du sac, pour faire germer les graines.

Si vous réutilisez du terreau d’anciens semis, même si absolument rien n’avait poussé la première fois, il peut arriver que les graines profitent de la seconde tentative pour se décider à donner une plante.

Si c’est une variété que vous ne connaissez pas, comment pourrez-vous savoir celles qu’il faut arracher, qui ne correspondent pas à ce que vous vouliez faire pousser ?

Si vous voulez des larges plants verts comme pour les courges et qu’au milieu vous trouvez des fines tiges rouges et frisées de choux, ça sera facile de faire le tri.
Par contre, si les espèces se ressemblent, si vous avez 6 variétés de tomates, 3 de melons, 5 de salades, 3 de potirons, 3 de haricots, etc… c’est fichu. Vous ne pourrez pas être sûr d’avoir ce que vous avez planté en dernier.

Donc, n’utilisez le terreau à semis qu’une seule fois pour semer vos graines.

Vous pourrez réutiliser les bacs des semis précédents pour ajouter du terreau sur des plantes déjà grosses. Comme ça, ce qui pousse autour après, vous savez que vous pouvez l’arracher sans vous tromper, comme de la simple mauvaise herbe.

Le terreau à semis ne sert qu’une fois pour les semis.

 Alexandre
Se-Preparer-Aux-Crises.fr

 

Faire pousser des légumes au plafond et sur les murs

Quand j’ai commencé à me passionner pour le jardinage il y a 6 mois, je suis tombé sur une magnifique série de photos de pot pour faire pousser des plantes la tête à l’envers. Le nom est Skyplanter.

En temps de crise, je ne peux absolument pas conseiller ce genre de pot. J’ai vu des prix de l’ordre de 35 euros, plus les frais d’envois. Du délire complet. Comme si c’était un pot en or !

Alors j’ai eu l’idée de faire quelque chose du même genre, mais beaucoup moins cher. Ou gratuit, tant qu’à faire.

Ma poubelle contenait une bouteille en plastique de 5 litres. Ca m’a semblé le volume idéal pour un premier essai…

Jeune plant de courgette à l'envers en bouteille suspendue accrochée au plafond

Bouteille en plastique sauvée de la poubelle, zéro centime.

Terreau, environ trois ou quatre centimes.

Graine de courgette, environ deux centimes.

La plante a l’air d’adorer.

Pourtant c’est des centaines de fois moins cher que le joli pot à l’envers.
La première chose que je retiens c’est que les plantes n’ont aucun goût en matière de mode. C’est clair.

 

Courgette plantée à l'envers, en bouteille suspendue, avec une belle fleur.

Ca semblait extrêmement prometteur au départ. J’ai eu une petite récolte de courgettes très vite. En faisant pousser des légumes là où il n’aurait normalement jamais du y en avoir, au plafond.
J’étais trop fier de moi.

… sauf que ça a tourné très vite au carnage.
L’eau d’arrosage en coulant sur la tige, a recouvert toutes les plantes d’un champignon blanc en une seule journée.

Les courgettes plantées à l’endroit (qui me permettaient de comparer les deux types de cultures) ont toutes eu le même problème deux semaines plus tard.
J’en ai gardé quelques unes pour voir l’évolution tout l’été. Il n’y a eu plus qu’une seule courgette, immangeable.

Maladie cryptorganique, Champignon blanc parasite sur les cultures. Épiphytie.

Oïdium, ou « la maladie du blanc », rapidement très contagieuse

Courgettes en fleurs, dans un seau en plastique de récupération

Quelques plantes à l’endroit pour pouvoir comparer le résultat

Les premiers pots étaient un demi échec.
Voilà ce que j’avais fait, et qu’il ne faut pas faire :

Un trou sous la bouteille pour faire passer la tige des plantes à l'envers

Le plastique du fond est très solide. Au lieu de forcer avec un couteau, j’ai simplement utilisé une perceuse avec une scie cloche pour percer vite toutes les bouteilles

Le trou était sous la bouteille. Donc toute l’eau boueuse coulait immédiatement sur la plante.

Pour les suivants j’ai fait un trou sur le côté. Le plastique est replié sur lui-même pour ne pas faire une surface coupante en contact avec la tige.

L’eau coule encore un petit peu sur les tiges, mais énormément moins. Le système doit quand même encore être amélioré.

 

Découpe d'une fenêtre pour faire passer la tige

Nouvelle tentative en perçant différemment pour réduire l’écoulement sur la tige des plantes

Mouiller les tiges et fleuilles entraine des infections fongiques, des maladies des plantes

Le plastique est replié en arrondi pour protéger la tige des bords coupants

Une autre erreur a été d’enlever la moitié de la bouteille en découpant. J’aurais du couper beaucoup plus haut. Au lieu de contenir plus de quatre litres de terre, les bouteilles n’en contenaient que 2.

Ca séchait très vite avec la canicule. Il fallait arroser tous les jours. Cet été chez moi, il n’a plu que deux demies journées (seulement quelques gouttes) en trois mois, après déjà deux ans et demi de sécheresse.
La première récolte a poussé avec un « cul-noir ». C’est un signe de très fort manque d’eau.

Les tomates restent petites, dures, avec la base qui devient sombre et se nécrose

L’effet de la sécheresse sur les tomates

Donc il vaut mieux découper les bouteilles le plus haut possible pour y mettre le terreau, pour la fenêtre d’arrosage, pour qu’elles puissent contenir un maximum de terre, donc d’humidité.

Plusieurs plantes donnent un rendement plutôt intéressant

Une production qui n’aurait jamais dû exister : au plafond

Une photo en gros plan des fruits

La production se renouvelle en permanence pendant des mois. C’est décoratif en plus d’être utile.

Le bilan :

Pour ma première année de jardinage, j’ai planté une trentaine de pieds de tomates, de 4 espèces différentes.
A peu près un tiers en pleine terre, à peu prêt un tiers en pot à l’endroit, à peu près un tiers en bouteilles suspendues.

Celles en bouteilles ont commencé à donner des fleurs puis des fruits mûrs deux semaines avant toutes les autres. Je suppose que la température ou le manque d’eau à l’intérieur d’un très petit pot accélère énormément la maturation.

Mais j’ai du jeter la première récolte, car elle manquait d’eau. Ca m’a permis de rectifier le tir pour toutes les plantes.

A vue d’oeil, les plantes suspendues ont donné environ seulement un tiers de la production normale des autres tomates en pleine terre ou en pot à l’endroit.
Seulement, je trouve que c’est déjà une belle victoire, parce que faire pousser des tomates au plafond ou sur un mur… elles n’auraient jamais du exister.

L’année prochaine, je mettrai deux ou trois plants dans chaque bouteille.
Epuiser la terre n’est pas un problème. La saison suivante, elle sera mélangée à du terreau, avec les tiges de tomates mortes, et réutilisée pour une autre culture.

Un petit pot de tomates mûres cueillies tous les jours

Une petite récolte en qualité bio

Pendant trois mois j’ai eu des tomates dans la cuisine à absolument tous les repas.

Le système n’est pas parfait. Rien de ce qui est en dessous ne doit craindre l’humidité, les gouttes. Donc il ne faut pas mettre de plants de courgettes, de potiron, de melon, en dessous par exemple. Et surtout pas votre collection de bandes dessinées. ;-)

… mais l’idée marche plutôt bien.

Je crois que lors du crash de l’euro, bientôt, ça va copieusement améliorer l’ordinaire de ceux qui auront lu cette page.

 

 Alexandre
Se-Preparer-Aux-Crises.fr