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Des milliers de pots gratuits

Quand on passe dans les jardineries, le prix d’un tiers des pots est presque terrifiant. Parfois l’équivalent d’une journée de salaire rien que pour un morceau de plastique. Sur fond de crise économique, de moins en moins de gens peuvent se permettre d’investir autant.
Dans les prochaines semaines on va voir quelques pistes pour en avoir gratuitement d’aussi bons que ceux du commerce, ou exactement les mêmes mais sans payer, ou pour carrément se construire de belles jardinières pour quelques centimes.

L’idée de départ est basée sur une évidence :
Savez-vous ce que nous faisons des centaines de fois mieux que nos ancêtres ?

On pollue.

On ne s’arrête jamais !
Tout le temps, pour tout, pour chaque petite chose ou petit geste de la vie, on produit des centaines de kilos de déchets tous les ans. On a des emballages pour tout. Même de simples croissants sont emballés par des boites en plastique qui mettront au moins 300 ans à se dégrader.
C’est trop bien, non ?! on a tout ce qu’il faut sous la main tous les jours pour faire pousser presque tout ce qu’on veut, ce qu’on aime.

Pourquoi dépenser une fortune en pots quand on peut en avoir des milliers gratuitement tous les ans ?

Mur de salades dans des bouteilles recyclées

Faire pousser ses fruits et légumes dans ses emballages alimentaires au lieu de les jeter.

Les plantes se fichent totalement de l’aspect des pots dans lesquels elles poussent.
Qu’il aient coûtés 60 euros ou 2 centimes, pour elles, la seule chose qui importe vraiment, c’est d’avoir la bonne taille et la bonne forme pour chaque espèce.

Pour les accrocs à l’écologie qui voudraient se donner bonne conscience, c’est en plus un moyen de rejeter énormément moins de déchets dans l’environnement.
(… m’enfin, un qui recycle, contre 7 milliards qui balancent de grandes quantités de n’importe quoi partout, faut quand même pas surestimer l’écologie. La planète est foutue à cause des autres de toutes façons).

Autant en profiter pour améliorer son quotidien.

A suivre…

Alexandre
Se-Preparer-Aux-Crises.fr

 

Faire pousser des légumes au plafond et sur les murs

Quand j’ai commencé à me passionner pour le jardinage il y a 6 mois, je suis tombé sur une magnifique série de photos de pot pour faire pousser des plantes la tête à l’envers. Le nom est Skyplanter.

En temps de crise, je ne peux absolument pas conseiller ce genre de pot. J’ai vu des prix de l’ordre de 35 euros, plus les frais d’envois. Du délire complet. Comme si c’était un pot en or !

Alors j’ai eu l’idée de faire quelque chose du même genre, mais beaucoup moins cher. Ou gratuit, tant qu’à faire.

Ma poubelle contenait une bouteille en plastique de 5 litres. Ca m’a semblé le volume idéal pour un premier essai…

Jeune plant de courgette à l'envers en bouteille suspendue accrochée au plafond

Bouteille en plastique sauvée de la poubelle, zéro centime.

Terreau, environ trois ou quatre centimes.

Graine de courgette, environ deux centimes.

La plante a l’air d’adorer.

Pourtant c’est des centaines de fois moins cher que le joli pot à l’envers.
La première chose que je retiens c’est que les plantes n’ont aucun goût en matière de mode. C’est clair.

 

Courgette plantée à l'envers, en bouteille suspendue, avec une belle fleur.

Ca semblait extrêmement prometteur au départ. J’ai eu une petite récolte de courgettes très vite. En faisant pousser des légumes là où il n’aurait normalement jamais du y en avoir, au plafond.
J’étais trop fier de moi.

… sauf que ça a tourné très vite au carnage.
L’eau d’arrosage en coulant sur la tige, a recouvert toutes les plantes d’un champignon blanc en une seule journée.

Les courgettes plantées à l’endroit (qui me permettaient de comparer les deux types de cultures) ont toutes eu le même problème deux semaines plus tard.
J’en ai gardé quelques unes pour voir l’évolution tout l’été. Il n’y a eu plus qu’une seule courgette, immangeable.

Maladie cryptorganique, Champignon blanc parasite sur les cultures. Épiphytie.

Oïdium, ou « la maladie du blanc », rapidement très contagieuse

Courgettes en fleurs, dans un seau en plastique de récupération

Quelques plantes à l’endroit pour pouvoir comparer le résultat

Les premiers pots étaient un demi échec.
Voilà ce que j’avais fait, et qu’il ne faut pas faire :

Un trou sous la bouteille pour faire passer la tige des plantes à l'envers

Le plastique du fond est très solide. Au lieu de forcer avec un couteau, j’ai simplement utilisé une perceuse avec une scie cloche pour percer vite toutes les bouteilles

Le trou était sous la bouteille. Donc toute l’eau boueuse coulait immédiatement sur la plante.

Pour les suivants j’ai fait un trou sur le côté. Le plastique est replié sur lui-même pour ne pas faire une surface coupante en contact avec la tige.

L’eau coule encore un petit peu sur les tiges, mais énormément moins. Le système doit quand même encore être amélioré.

 

Découpe d'une fenêtre pour faire passer la tige

Nouvelle tentative en perçant différemment pour réduire l’écoulement sur la tige des plantes

Mouiller les tiges et fleuilles entraine des infections fongiques, des maladies des plantes

Le plastique est replié en arrondi pour protéger la tige des bords coupants

Une autre erreur a été d’enlever la moitié de la bouteille en découpant. J’aurais du couper beaucoup plus haut. Au lieu de contenir plus de quatre litres de terre, les bouteilles n’en contenaient que 2.

Ca séchait très vite avec la canicule. Il fallait arroser tous les jours. Cet été chez moi, il n’a plu que deux demies journées (seulement quelques gouttes) en trois mois, après déjà deux ans et demi de sécheresse.
La première récolte a poussé avec un « cul-noir ». C’est un signe de très fort manque d’eau.

Les tomates restent petites, dures, avec la base qui devient sombre et se nécrose

L’effet de la sécheresse sur les tomates

Donc il vaut mieux découper les bouteilles le plus haut possible pour y mettre le terreau, pour la fenêtre d’arrosage, pour qu’elles puissent contenir un maximum de terre, donc d’humidité.

Plusieurs plantes donnent un rendement plutôt intéressant

Une production qui n’aurait jamais dû exister : au plafond

Une photo en gros plan des fruits

La production se renouvelle en permanence pendant des mois. C’est décoratif en plus d’être utile.

Le bilan :

Pour ma première année de jardinage, j’ai planté une trentaine de pieds de tomates, de 4 espèces différentes.
A peu près un tiers en pleine terre, à peu prêt un tiers en pot à l’endroit, à peu près un tiers en bouteilles suspendues.

Celles en bouteilles ont commencé à donner des fleurs puis des fruits mûrs deux semaines avant toutes les autres. Je suppose que la température ou le manque d’eau à l’intérieur d’un très petit pot accélère énormément la maturation.

Mais j’ai du jeter la première récolte, car elle manquait d’eau. Ca m’a permis de rectifier le tir pour toutes les plantes.

A vue d’oeil, les plantes suspendues ont donné environ seulement un tiers de la production normale des autres tomates en pleine terre ou en pot à l’endroit.
Seulement, je trouve que c’est déjà une belle victoire, parce que faire pousser des tomates au plafond ou sur un mur… elles n’auraient jamais du exister.

L’année prochaine, je mettrai deux ou trois plants dans chaque bouteille.
Epuiser la terre n’est pas un problème. La saison suivante, elle sera mélangée à du terreau, avec les tiges de tomates mortes, et réutilisée pour une autre culture.

Un petit pot de tomates mûres cueillies tous les jours

Une petite récolte en qualité bio

Pendant trois mois j’ai eu des tomates dans la cuisine à absolument tous les repas.

Le système n’est pas parfait. Rien de ce qui est en dessous ne doit craindre l’humidité, les gouttes. Donc il ne faut pas mettre de plants de courgettes, de potiron, de melon, en dessous par exemple. Et surtout pas votre collection de bandes dessinées. ;-)

… mais l’idée marche plutôt bien.

Je crois que lors du crash de l’euro, bientôt, ça va copieusement améliorer l’ordinaire de ceux qui auront lu cette page.

 

 Alexandre
Se-Preparer-Aux-Crises.fr